Mobil’Douche redonne de l’estime à des personnes mal logées

Crédit : Mobil’Douche

Faïd Ranzika, co-fondatrice et présidente de Mobil’Douche, et ses bénévoles viennent en aide à des personnes en situation de précarité. A bord de leurs camping-cars, ils sillonnent les rues de Paris et ses banlieues et d’Avignon.

Déjà trois camping-cars en France dont deux en Île-de-France, Mobil’Douche est un service d’hygiène mobile pour les SDF et les mal-logés. « Nous avons aménagé ces camping-cars pour que les gens qui en ont besoin puissent prendre des douches et obtenir des vêtements. Ça c’est le packaging de départ », explique Faïd Ranzika, sa co-fondatrice et présidente. Outre la douche et les vêtements, des produits d’hygiène tels que savon, rasoirs, déodorants, parfum sont mis à disposition. Tout est prévu pour redonner aux personnes en besoin une part de leur dignité.

50% des bénéficiaires sont des habitués. Le plus souvent ce sont des personnes très ancrées dans la rue mais tous ne sont pas forcément sans activité professionnelle. Il y en a qui travaillent, qui étudient… « Ca va de : “je me sens mieux” à “j’ai retrouvé un peu d’estime de moi” en passant par “j’ai retrouvé ma famille”. Grâce à ça, certains sortent de la rue ou reprennent l’école ou une formation.» L’estime de soi est le principal impact de Mobil’Douche sur les personnes. « À partir du moment où vous vous sentez mieux, vous portez moins les stigmates de la rue sur vous. Ça ouvre toutes les portes. Vous vous faites de nouvelles relations. Mais il y a également un second impact. Un impact sur l’espace public et la santé publique car de plus en plus de SDF nettoient autour de leur voiture ou de leur tente. »

Un service d’hygiène mobile et autonome

Grâce à des mécènes et des donations privées, Faïd Ranzika achète ses camping-cars à des particuliers et les aménage en conséquence. « On est complètement autonome, on ne se branche pas. Nos camping-cars ont une capacité d’eau de 230 litres. Il y a une volonté de ne pas salir. Quand on part, il n’y a pas de trace. Nous avons des réservoirs d’eau grise pour ça. »

Chaque Mobil’Douche déclenche un emploi. Il s’agit là d’un responsable de maraude. Celui-ci gère tout : de l’accueil des bénévoles aux finances de la Mobil’Douche. Quant aux bénévoles, ils viennent d’un peu partout. « Ça peut être un simple citoyen qui a croisé la Mobil’Douche et qui se propose de nous aider. Il vient marauder et portent un maillot comme certains SDF le portent aussi avec nous. » De la collecte de fonds à la simple conversation pour faire connaître l’association, toutes les petites actions ont leur importance. « Nous avons aussi des entreprises qui insèrent Mobil’Douche dans leur journée, semaine ou mois solidaire. On reçoit parfois des salariés qui viennent découvrir nos actions en portant le maillot et en participant. »

Un itinéraire personnalisé

« Nous avons pris des camping-cars car c’est la mobilité facile dans les rues. Parfois, on peut être amené à rester une heure avec quelqu’un. Une femme avec un enfant isolés du côté du 8e peut avoir besoin de nous, on y va même si ce n’est pas notre territoire. » Implantées à Malakoff et dans les communes et arrondissements proches (7e, 13e, 14e, 15e, et bientôt le 9e), les Mobil’Douche se déplacent à la demande. « Les mal-logés nous appellent et nous donnent un lieu de rendez-vous car il n’est jamais facile de montrer sa situation à ses voisins. Notre concept phare c’est la mobilité mais la discrétion est tout aussi importante. » 

En plus des maraudes, le Mobil’Douche intervient également pour compléter des structures fixes qui n’ont pas de douche. Et un quatrième Mobil’Douche devrait arriver d’ici quelques semaines spécifiquement pour les Hauts-de-Seine et un cinquième fin 2018.

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